La demande de parloir est une démarche administrative obligatoire avant toute visite auprès d’une personne privée de liberté, qu’il s’agisse d’un détenu ou d’un individu placé en internement psychiatrique. Elle constitue un véritable permis de visite, délivré sous le contrôle de l’autorité judiciaire ou du chef d’établissement. Cette autorisation vise à encadrer les rencontres tout en préservant la sécurité des lieux et le bon déroulement des procédures.
Obligatoire pour les majeurs comme pour les mineurs, la demande de parloir dépend du statut de la personne incarcérée. Si celle-ci a déjà été jugée, le dossier doit être adressé directement au chef de l’établissement pénitentiaire. En revanche, lorsque le détenu est encore en attente de jugement, c’est le juge d’instruction en charge de l’affaire qui doit être saisi. À la réception de la demande, deux issues sont possibles : une autorisation de visite ou un refus motivé. Dans ce dernier cas, il est essentiel d’en comprendre les raisons et de connaître les recours envisageables.
Quelles sont les raisons du refus d’un permis de visite ?

Dans la majorité des situations, les demandes de parloir aboutissent favorablement. Cependant, il arrive que certaines soient refusées pour des motifs précis. Ce refus ne résulte jamais du hasard : il repose sur des fondements légaux encadrés par le droit pénitentiaire. D’après l’article 35 de la loi n° 2009-1436 du 24 novembre 2009, « un condamné a droit à une visite d’au moins une fois par semaine ». Pour cela, le visiteur doit obligatoirement effectuer une demande de permis de visite en bonne et due forme.
En cas de refus, de suspension ou de retrait, il est essentiel d’en connaître les raisons et de vérifier leur conformité à la loi. Pour éviter toute erreur de procédure, il peut être utile d’être accompagné par un avocat spécialisé en droit pénitentiaire ou en droit social. En effet, le même article 35 précise que « l’autorité administrative ne peut refuser de délivrer un permis de visite aux membres de la famille d’un condamné, suspendre ou retirer ce permis que pour des motifs liés au maintien du bon ordre et de la sécurité ou à la prévention des infractions ».
Autrement dit, une demande de parloir peut être rejetée si le détenu a commis des fautes disciplinaires graves au sein de l’établissement, telles qu’une tentative d’évasion, des bagarres ou des menaces à la sécurité du personnel. Le refus est alors une mesure de précaution prise par l’administration pour garantir l’ordre et la sécurité dans la prison. Il ne s’agit donc pas d’une sanction arbitraire, mais d’une décision motivée qui peut toutefois être contestée.
D’autre part, il peut exister aussi une raison de refus si le visiteur (proche ou ami) fait le sujet d’une contrainte pour la réinsertion du condamné. Elle se justifie par l’article 35 de la loi pénitentiaire : « l’autorité administrative peut également, pour les mêmes motifs ou s’il apparaît que les visites font obstacle à la réinsertion du condamné, refuser de délivrer un permis de visite à d’autres personnes que les membres de la famille, suspendre ce permis ou le retirer ». Ce visiteur devrait, toutefois, avoir eu des précédents avec l’administration pénitentiaire.
En tout cas, vous avez le droit d’objecter la décision en 15 jours auprès du tribunal administratif
Comment saisir le tribunal administratif ?

En cas de refus de permis de visite, le demandeur dispose d’un droit de recours. Il est fortement conseillé, même si cela n’est pas obligatoire, de faire appel à un avocat à la cour pour être assisté dans les démarches, notamment dans les cas les plus complexes. Le recours doit être exercé rapidement : idéalement dans un délai de dix jours à compter de la notification du refus, afin d’éviter toute forclusion.
La contestation se fait devant le tribunal administratif compétent. Pour cela, il faut constituer un dossier de recours complet comprenant plusieurs éléments essentiels : la copie de la requête, une copie de la demande de parloir accompagnée de son accusé de réception, ainsi que l’ensemble des pièces justificatives utiles. Ces documents doivent être accompagnés d’un inventaire détaillé pour faciliter l’instruction du dossier.
La lettre adressée au juge administratif doit comporter les informations d’identité complètes du requérant (nom, adresse et signature), les motifs précis de la contestation, les arguments juridiques invoqués et la conclusion demandée (par exemple l’annulation du refus). Une rédaction claire et structurée est essentielle, car elle conditionne la bonne prise en compte du recours par la chambre administrative compétente.